Je m’appelle Benjamin, papa d’un petit garçon, j'ai passé la quarantaine il y a quelques années et ne suis pas issu du milieu agricole.
Je suis aujourd’hui maraîcher et m’installe sur une petite surface, au « pas du paysan », lentement et dans une posture d’apprenant, mais avec ténacité. J’ai le souhait de participer activement à l’économie locale, reposant sur des valeurs humaines réelles et durables.

Les jardins Duranty sont une portion de maraîchage manuel, labellisée en Agriculture biologique depuis 2021, au nord d’Aix-en-Provence, à 300 m d’altitude. Je crée donc manuellement mes planches de cultures sur « sol vivant », en cherchant à m’affranchir des énergies issues de la combustion au sein des jardins. Je pratique l’agroécologie, sans gros investissements financiers, sans emprunts bancaires et sans aides ou subventions, en parallèle à une autre activité professionnelle à mi-temps (pour le moment je suis Cotisant solidaire en double activité).
J’ai démarré en 2022 une petite production vivrière, que j’ai développé doucement avec ma compagne, puis en 2023 j'ai démarré la commercialisation de ces bons légumes sains, dont nous sommes toujours les premiers consommateurs.
C’est dans cet esprit « jardin », que je mène l’activité en diversifiant les légumes ainsi que les espèces. La clientèle est au rendez-vous, j’espère que cela durera et je suis maintenant dans une optique de développement et d’optimisation du travail.




Qu’est-ce qui m’anime pour le maraîchage ?
Comme beaucoup d’autres, je m’inspire des pratiques agricoles des maraîchers du 19ᵉ siècle, avant l’introduction des engins à moteurs à combustion. À une époque où les maraîchers et maraîchères d’Europe étaient reconnu·es pour avoir révolutionné les pratiques agricoles dans le long sillage des travaux de Jean-Baptiste de la Quintinie (créateur du Potager du Roi à Versailles au 17ᵉ siècle).
Ces pratiques furent semble-t-il presque oubliées des centres de formations agricoles depuis la seconde guerre mondiale jusqu’à récemment et ce sont des anglo-saxons qui réhabilitèrent ces techniques depuis la fin des années 90, avec en particulier Eliot Coleman aux États-Unis d’Amérique.
Depuis une vingtaine d’années, des personnalités très populaires comme Jean-Martin Fortier au Québec, Perrine et Hervé Gruyer de la ferme du Bec Hellouin en Normandie, ou encore plus récemment Sylvain Couderc des Jardins de la Valette en Aveyron, ont démocratisé ces connaissances et apporté la culture de la standardisation et de l’ergonomie, pour faciliter la mise en pratique.
Mais outre ces techniques purement maraîchères, ce sont évidemment les avancées scientifiques et agronomiques de Dominique Soltner, Marc-André Sélosse, Marcel Bouché et des Bourguignons pour ne citer qu’eux, qui ont crédibilisé de manière moderne, les pratiques du 19ᵉ siècle, avec des apports importants en matières organiques, un faible travail mécanisé du sol, des plantations denses et une biologie du sol intensive et vivante.
Un pied dans la tradition, l’autre dans la modernité et le progrès agronomique.
Depuis une quinzaine d’années, de plus en plus de fermes maraîchères sur petites surfaces ; entre 1 000 m² et 5 000 m² par ETP (équivalent temps plein) ; apparaissent dans le paysage français. J’ai eu la chance de participer à plusieurs formations ou présentations de ce modèle avec entre autres :
- Le Champ d’à côté, chez Stéphane Campo à Pernes-les-Fontaines (84) ;
- La ferme des Buis, avec Corentin Moriceau à la Roche-sur-Grane (26) ;
- Les Jardins de la Valette, chez Sylvain Couderc à Sanvensa (12) ;
- Et Christian Carnavalet à Mougins (06).
C’est donc l’aventure que je souhaite découvrir en la pratiquant aux Jardins Duranty sur Aix-en-Provence, en étant accompagné par l’ADEAR et en participant à un GIEE (groupement d’intérêt économique et environnemental) financé par la DRAAF, sur la thématique du sol vivant dans les Bouches-du-Rhône.

⏱ 25 Janvier 2025